Le principe des énergiesL'aïkido se base sur le principe de « l'harmonie des énergies ».
D'un point de vue martial, ceci peut se comprendre de deux manières :
- unir les énergies de son propre corps (via le seika tanden) pour agir, synchroniser les bras et les jambes ; notamment, on s'attache à mouvoir les deux mains ensemble (comme si elles tenaient un sabre) en maintenant une certaine extension des bras, afin de mieux transmettre le mouvement au partenaire (par un effet de levier) et de maintenir une distance de sécurité (ma aï),
- et unir les énergies des deux partenaires : tori ne va pas s'opposer à uke mais va au contraire accompagner son mouvement, s'accorder à son rythme (timing) ; alors que uke s'attend à rencontrer une résistance, il rencontre en fait le vide, et même une assistance pour poursuivre son mouvement, ce qui provoque sa chute (la sensation est similaire à une porte qui s'ouvre au moment où on essaie de l'enfoncer). Pour prendre une image : lorsque l'on étaie un mur, le mur et l'étai sont en opposition, ils se renforcent mutuellement ; de même si tori s'oppose à uke, il le renforce sur ses positions, il le stabilise, alors que s'il l'accompagne dans son mouvement, il maintient le déséquilibre. Pour cultiver cette notion de transmission de l'énergie, on pratique en début ou en fin de séance des exercices respiratoires. Dans la symbolique taoïste, ces exercices sont là pour mettre en mouvement l'énergie vitale (le ki, qui signifie aussi le souffle) ; on retrouve des concepts similaires avec le qi chinois, notamment dans le taiji quan. Morihei Ueshiba était aussi un adepte de la secte shintoïste Omoto-kyo. Une de ses intentions, en fondant l'aïkido, était de promouvoir la paix et l'harmonie entre les êtres afin de créer une société meilleure. Le terme « harmonie des énergies » renvoit donc également à une conception de la société où les gens coopéreraient entre eux plutôt que de s'affronter. Dans sa dimension mystique la plus extrême, il considérait l'aïkido comme une prière gestuelle, semblable aux mudra bouddhiques, associé à une prière vocale, le kototama.